Carnet de Chants


Mon amant de la coloniale

Mon amant de la coloniale

Il était fort et puis si tendre
Que dès notre première nuit
J'compris que j'pourrais plus m'reprendre
Et qu'pour toujours j'étais à lui
J'voyais toutes les femmes lui sourire
Mais je m'cramponnais à son bras
Et j'les r'gardais comm' pour leur dire :
"Il est à moi et je lach' pas".

Des fois, quand il avait la fièvre
Il parlait trop et j'avais peur
Je mettais sa main sur ses lèvres
Pour pas connaîtr' le fond d'son cœur;
Car je sentais que son âme
Y avait des larm's et du cafard,
Et je m'disais "C'est pour un' femme"
Quand j'ai compris... C'était trop tard !

Lorsque j'ai connu ma rivale,
Alors j'ai serré fort mes bras,
Pour qu' cett' grand' garc' : "La Coloniale"
Lui fiche la paix et n'me l'vol' pas
Et lui, il m'avait dit : "Je reste"
Mais un beau jour il est r'parti
Vers ces pays que je déteste,
Dont il rêvait souvent la nuit.

C'était un gars de la Coloniale.
Il avait là, partant du front,
Et descendant jusqu'au menton,
Un' cicatric' en diagonale.