Carnet de Chants



La fête nationale

C'était l'jour de la fête nationale
Quand la bombe éclata en l'air
Elle sentit comme une flamme
Qui lui pénétrait dans la chair

Par devant par derrière
Tristement comme toujours
En fermant les paupières
Elle a connu l'amour
Les oiseaux sur les branches
En les voyant s'aimer
On chanté la romance
Du quatorze juillet

Mais quand refleurit l'aubépine
Au premier jour du printemps
On vit la tendre gamine
Mettre au monde un tout petit enfant
Mais Julot le mec à la cool, cool, cool
Lui a dit ton gosse moi j' m'en fous
J' te l'ai mis maint'nant j' me les roule
À ta place j'lui tordrais le cou

Par devant par derrière
Tristement comme toujours
Fallait voir la pauv' mère
Tuer son gosse de huit jour
En fermant les paupières
Elle lui tordit l'quiqui
Et dans l'trou des waters
Elle jeta son petit

Mise au banc de la cour d'assise
Comme à celui de la société
Elle fut jugée de fille sournoise
Le lendemain du quatorze juillet
Entendant le verdict atroce
Qui la condamne au bagne pour vingt ans
Elle repensait à son gosse
Qu'elle n' reverrait plus maintenant

Par devant par derrière
Tristement comme toujours
Elle est morte la pauv' mère
À Cayenne un beau jour
Sans avoir l'espérance
De revoir son petit
Dans la fosse d'aisance
Là où elle l'avait mis