Carnet de Chants


Marche du 1er zouaves

Marche du 1er zouaves

Sous le soleil brûlant de l'Algérie
Notre Étendard flottait calme et vainqueur
Au cri d'appel de la mer Patrie
Du nord il vole affronter la rigueur
Va déployer au vent de la Crimée
Tes plis sacrés, ô mon noble drapeau
Déjà noirci de poudre et de fumée
Au premier rang tu seras le plus beau

Hourra ! Hourra ! mon noble régiment !
Le canon résonne et le clairon sonne !
Hourra ! Hourra ! Zouaves en avant !
Hourra ! Hourra ! En avant ! En avant !
Pan ! pan ! l'abri !
Les chacals sont par ici
Les chacals, ces vaillants guerriers
Qui ne laissaient pas les colons nu-pieds
Cinquant' sous la paire de souliers
Approchez, v'nez prés des quartiers
Vous y trouverez aussi des sous-pieds
Qui sont payés

Ainsi qu'on voit des flancs noirs d'un nuage
Jaillir soudain la foudre et les autans
Tels des vaisseaux s'élançant sur la plage
De nos zouaves les flots impatients
Comme un torrent de laves bouillonnantes
Leurs bataillons fondent sur l'ennemi
Et font monter leurs vagues triomphantes
Jusqu'au sommet des remparts de granit

Plus tard on vit revenir d'Italie
Nos chers drapeaux sous son aigle vainqueur
Comme autrefois de l'Autriche envahie
L'un d'eux, tout fier, portait la croix d'honneur
Tous trois étaient troués par la mitraille
Resplendissant à l'horizon vermeil
Chacun portait le nom d'une bataille
Dont l'or brillait sous l'éclat du soleil

Par tous pays, sur l'ordre qu'on nous donne
Du fier drapeaux nous portons les couleurs
Et nous savons le prix d'une couronne
Quand devant nous on prodigue les fleurs
Le seul récit d'une bataille
Fait au retour et par tous admirer
Un bout d'étoffe où pend une médaille
Paient au chacal le sang qu'il a versé

Sans crainte, amis, on peut fouler la terre
Qui, tôt ou tard doit recouvrir nos corps
Lorsqu'on sent là, seul bien du militaire,
Un corps royal, une âme sans remords
Heureux celui qui meurt dans les batailles
Sous son drapeau, prés de vieux amis
Il a du moins de nobles funérailles
Et Dieu béni qui meurt pour son pays
Que le conscrit tout bas se désespère
S'il est un jour sans vivres et sans abri
Le vieux chacal sait dormir sur la terre
Le sol suffit à son corps endurci
Le vieux chacal pour chasser la famine
A des moyens qu'en Afrique il apprit
Les maraudeurs fournissent les cuisines
On vit toujours au frais de l'ennemi

Jeunes soldats espoir de la Patrie
Que les vertus de ceux qui sont tombés
Pour conquérir la terre d'Algérie
Servent d'exemples à vos jeunes fiertés
Et quand viendra le grand jour pour la France
Puissiez-vous tous, en vous inspirant
Aller au feu le cœur plein d'espérance
Et conserver toujours le premier rang

Jeunes beautés qu'à l'hiver le ciel donne
Comme au printemps il a donné les fleurs
De vos plaisirs effeuillez la couronne
Dansez gaiement grâce à vos défenseurs
Mais si soudain survient dans une fête
Un vieux chacal au front cicatrisé
Qu'un doux sourire acquittant votre dette
Lui paye, enfants, le sang qu'il a versé