Carnet de Chants


123 Les Allobroges
125 Sidi-Brahim
159 Les Glières
175 La Piémontaise
252 Chant de l'infanterie
253 Chant du 1er RI
254 Chant du 26e RI
255 Chant du 46e RI
256 Chant du 110e RI
257 Chant du 126e RI
258 Chant du 15-2 RI
259 La Protestation des chasseurs
260 Le chasseur de Vincennes
261 Le retour du 140e
262 Marche d'Henri IV
263 Marche du 126e RI
264 Marche du royal soissonnais
265 Nos pères les Gaulois
266 Réveillez-vous Picards
267 Viva l'Infanterie

Les Allobroges

Je te salue ô terre hospitalière
Où le malheur trouva protection
D'un peuple libre arborant la bannière
Je viens fêter la constitution
Je t'ai quitté berceau de mon enfance
Pour m'abriter sous un climat plus doux
Mais au foyer, j'ai laissé l'espérance
En attendant je m'arrête chez vous

Allobroges vaillant, dans vos vertes campagnes
Accordez-moi toujours asile et sûreté
Car j'aime à respirer, l'air pur de vos montagnes
Je suis la liberté, la liberté

Au cri d'appel des peuples en alarmes
J'ai répondu par un cri de réveil
Sourds à ma voix, ces esclaves sans armes
Restèrent tous dans un profond sommeil
Relève-toi ô ma France héroïque
Car pour t'aider je m'avance à grand pas
Secoue enfin ton sommeil léthargique
Et sois en sure, tu ne périras pas

Un mot d'espoir à la belle Italie
Courage à vous Lombards, je reviendrais
Que chaque peuple à mon cri se rallie
Forte avec tous je triompherai
En attendant le jour de délivrance
Priant les Dieux d'écarter leur courroux
Pour faire luire un rayon d'espérance
Bons Savoisiens, je resterai chez vous



Sidi-Brahim

Francs chasseurs hardis compagnons
Voici venu le jour de gloire
Entendez l'appel du clairon
Qui vous présage la victoire
Volez intrépides soldats
La France est là qui vous regarde
Quand sonne l'heure du combat
Votre place est à l'avant-garde

En avant ! Braves bataillons
Jaloux de votre indépendance
Si l'ennemi vers nous s'avance
Marchons ! Marchons ! Marchons !
Serrons les rangs
Mort aux ennemis de la France

Quand votre pied rapide et sûr
Rase le sol, franchit l'abîme
On doit voir à travers l'azur
L'aigle voler de cime en cime
Vous roulez en noirs tourbillons
Et parfois, limiers invincibles
Vous vous couchez dans les sillons
Pour vous relevez plus terribles

Aux champs où l'oued Had suit son cours
Sidi-Brahim a vu nos frères
Un contre cent lutter trois jours
Contre des hordes sanguinaires
Ils sont tombés silencieux
Sous le choc comme une muraille
Que leurs fantômes glorieux
Guident nos pas dans la bataille

Héros aux courages inspirés
Vos pères conquirent le monde
Et le monde régénéré
Engerbe la trace féconde
Nobles aïeux reposez-vous
Dormez dans vos couches austères
La France peut compter sur nous
Les fils seront dignes des pères



Les Glières

Vivons gaiement la forte discipline,
Qui nous sera joyeuse et conquérante
Pour accomplir cette tâche sublime
Où nous appelle l'ardeur de nos vingt ans
Prêts à choisir sur la grand' route humaine
La noble voie qui conduit au devoir
Nous choisissons les routes où l'on peine
Mais où fleurit notre plus grand espoir.

En avant Bataillon des Glières
Décidés à vaincre ou à mourir
Pour chasser l'ennemi sanguinaire
Nous vaincrons, Bataillon
Nous vaincrons, nous vaincrons.

Malgré l'horreur de la dernière guerre
Comme le disent bien ces bouts de refrains
Nous sommes entrés gaiement dans la carrière
Quand nos aînés nous montrent le chemin
Et maintenant la lutte recommence
En tête des meilleurs assurément
Nous n'avons plus qu'une seule croyance
Un même amour, un cri de ralliement.



La Piémontaise - Chant du 3e RI

Ah oui ! J'ai le cœur à mon aise
Quand j'ai ma mie auprès de moi,
De temps en temps je la regarde
Et je lui dis : embrasse-moi ! (bis)

Comment veux tu que je t'embrasse ?
Quand on me dit du mal de toi ?
On dit que tu pars pour la guerre
Dans le Piémont, servir le Roy. (bis)

Ceux qui t'ont dit cela ma belle,
Ils t'ont bien dit la vérité.
Mon cheval est à l'écurie,
Sellé, bridé, prêt à partir. (bis)

Quand tu seras dans ces campagnes,
Tu n'y penseras plus à moi.
Tu penseras qu'aux Piémontaises
Qui sont cent fois plus belles que moi. (bis)

Si fait, si fait, si fait, ma belle,
Le penserai toujours à toi.
Le ferai faire une belle image
Toute à la semblance de toi. (bis)

Quand je serai z'à table à boire,
À mes camarades je dirai :
Chers camarades, venez voir
Celle que mon cœur a tant aimée. (bis)

Je l'ai z'aimée, je l'aime encore
Je l'aimerai tant que je vivrai.
Je l'aimerai quand je serai mort
Si c'est donné aux trépassés. (bis)



Chant de l'infanterie

Du levant au couchant de notre beau pays
Les gens de pied toujours gardent le même esprit
Qu'ils descendent du ciel ou de leurs chars brûlants
Qu'ils portent l'ancre d'or ou bien le képi blanc
La grenade de ligne ou bien le cor d'argent
Leur cri de ralliement restera en avant

Soldat d'infanterie comme les anciens preux
Servons France chérie sous la voûte des cieux
Maintenons cette flemme qui à Verdun brûlait
Trempons d'acier notre âme de fantassin Français

S'il faut des exemples, regardons le passé
Les combats courageux dont nous sommes héritiers
Sous le soleil de feu la froidure et le vent
Voyant sous le harnais tenant le premier rang
Comme à Sidi Brahim Camerone et Bazeilles
L'infanterie partout a su faire merveille

Quand les chars gronderont sur le sol ennemi
Le temps viendra pour moi de dire adieux à ma mie
Au fracas des combats je suivrais mes aînés
Sans crainte de la mort qui épie le guerrier
Et si un dur matin elle me prend pour amant
Que ce soit la victoire qui vienne par mon sang



Chant du 1er RI

1er Régiment, l'plus beau des régiments
Terreur de l'ennemi quand il va de l'avant

C'est le plus beau des régiments de France
Régiment de Turenne et de Marceau
Qui de tous temps redonna l'espérance
Et fit honneur à son glorieux drapeau

On ne relève pas Picardie
Fière devise du régiment
Tu reflètes l'ardeur et la vie
De ceux qui sont morts en chantant :

Aujourd'hui la patrie nous appelle
Aujourd'hui la victoire nous attend
Soldats français sachons vaincre pour elle
Sachons rester dignes du régiment

1er Régiment, bordel de régiment
Y a des grandes gamelles et rien à foutre dedans



Chant du 26e RI

Nous tenions garnison
À Nancy la coquette,
Et lorsque nous passions
Chacun nous faisait fête
Tout le long du trottoir
Devant les belles grilles
Les garçons et les filles
S'arrêtaient pour nous voir !

Et quand on défilait
La foule applaudissait
Voila les gars, les gars du vingt-sixième
Plus d'une belle ouidà
Ces soirs là murmura
Voila les gars du vingt-six les voila, Holà !

Quand le boche a voulu
Envahir notre ville
Nous l'avons maintenu
Auprès de Lunéville
Depuis le Léomont
À plus de vingt batailles
Et malgré la mitraille
En vainqueurs nous marchons

Partout où l'on cognait,
Le vingt-six accourait
Voila les gars, les gars du vingt-sixième
Partout où il lutta,
L'allemand recula.
Voila les gars du vingt-six les voila, Holà !

Sur les bords de l'Yser
Défendant la Belgique
Des soldats du Kaiser
Nous repoussions la cliques
Aux peuples abattus
Apportant l'espérance
En vrais soldats de France
Nous nous sommes battus

Lorsque nous reviendront
Les Nancéiens crieront
Voila les gars, les gars du vingt-sixième
Voyez ce drapeau là
Saluez le bien bas
C'est le drapeau du vingt-six, le voilà, Vivat !



Chant du 46e RI

Appelé Mazarin-Français
Il était craint des étrangers
À peine créer par Castelnaux
Il est parti le sac au dos
Et à Fribourg première victoire
Il est déjà couvert de gloire

Plutôt mourir que faillir
Devise qu'il faut maintenir

Sous le nom de Province Bretagne
Il a franchi bien des montagnes
Respectez le recrutement
De ce solide Régiment
Partout où il a combattu
Il n'a laissé que des vaincus

De 4 6 il a pris le nom
Régiment sous Napoléon
Il parcours tous les territoires
Allant de victoire en victoire
À Marengo et à Iéna
À Wagram et la Moscova

Le 4 6 n'a pas arrêté
Depuis lors de se distinguer
C'est pour défendre son drapeau
Que sont tombés bien des héros
La Tour d'Auvergne et Collignon
Les plus cités de tous les noms



Chant du 110e RI

À la Marsaill', dans le Piémont,Un Régiment,
Habit clair, parements bleus,
Servait le Roy.
Comm'eux ami, natif ou non,
Du fier Barrois,
Sus'à l'ennemi ! Baïonnette en avant ! (bis)

Au son du canon,
Et du clairon, le 110e,
Marche sans frayeur,
Sûr de l'honneur d'être vainqueur.

Contre les Rouges en Amérique,
Ils ont lutté,
Comme plus tard en Indochine,
En Algérie,
Mais c'est surtout lors de Fleurus,
Que la patrie,
Put grâce au 110 garder sa liberté (bis)

Quittant Dunkerque aux blanches dunes,
Pour le front,
Nos grands anciens ont su défendre,
La Nation.
Au prix du sang ils ont gagné,
Leurs citations,
Pour la fourragère comme eux nous nous battrons. (bis)

Va t'en vite à la maison,
Ta mère qui t'appelle,
Va t'en vite à la maison,
Ta mère qui t'attend.



Chant du 126e RI

À peine créé déjà tu t'illustrais
En campagne, en Russie, glorieuse épopée
Sans jamais reculer tu as tout sacrifié
Protégeant sans compter l'Empereur et son armée

Bison du 126 soyons fiers et vaillants
Comme nos anciens allons toujours de l'avant
Bison du 126 soyons fiers et vaillants
Comme nos anciens allons toujours de l'avant

À Auberive nos anciens se battaient
Pour offrir la paix à une France libérée
Après humilié dans un pays meurtri
Ont résisté fièrement par amour de la patrie

Tu luttas au Liban combattirent en Bosnie
La paix difficile à obtenir en Afrique
Tes blessés furent le prix du sang à payer
Pour permettre à ces pays de vivre en harmonie



Chant du 15-2 RI

Il est né sur les bords du Rhin,
Alors frontière de la France,
Ce Régiment au cœur d'airain,
Dont nous célébrons la vaillance.
Il nous légua de ses soldats,
Ses exploits et ses fiers combats.
Et nous sentons vibrer nos cœurs,
En lisant les noms des victoires,
Qu'un passé rayonnant de gloire,
Inscrivit sur ses trois couleurs.

Allons soldats du 152e,
Dans nos labeurs,
Portons bien haut les yeux.
Vers la patrie et vers le fier emblème,
Pour qui demain nous serons victorieux.
Scandons nos pas au chocs des baïonnettes,
Sans défaillir marchons allègrement.
Et si la mort vient menacer nos têtes,
Vive toujours notre beau Régiment.

Quand aux reflets du soleil d'or
Le Front des Vosges s'illumine
Le Régiment prend son essor
Sur le flanc du roc il chemine.
Il va le long des pins géants
Dédaigneux des ravins béants
À son chef le soldat promet
De marcher toujours plein d'audace
Car c'est pour saluer l'Alsace,
Qu'il faut grimper jusqu'au sommet.

Au pied du clocher de Strasbourg,
Nos anciens ont passé naguère.
Quand vers Loano vers Harbourg,
Le Régiment partait en guerre.
Salut aux pays annexés,
Dont le cœur reste bien Français,
Si Dieu le veut nous bondirons,
Pleins d'enthousiasme et d'espérance
Pour leur donner la délivrance
Aux accents mâles du clairon.

Quand l'hiver vient au blanc frimas,
La neige tombe qui nous cerne,
Et prétend bloquer nos soldats,
Au seuil des murs de la caserne.
Mais pour braver le mauvais temps
Nous avons nos cœurs de vingt ans.
Nos sommes les gais voltigeurs,
Toujours dehors à l'avant garde,
Et la France qui nous regarde,
Peut compter sur ses défenseurs.



La Protestation des chasseurs

Nous sommes trente mille braves
Au képi sombre, au manteau bleu,
Et nous voyons même les zouaves
Derrière nous courir au feu.
Vous qui voulez qu'on nous supprime,
Qu'avez-vous à nous reprocher ?
En guerre, en paix, notre seul crime
C'est d'avoir su trop bien marcher.
Ne touchez pas au corps d'élite,
Chasseurs, chasseurs, pressons le pas,
Qu'on nous fasse marcher plus vite,
Mais qu'on ne nous supprime pas.

Encore un carreau de cassé
Voilà le vitrier qui passe
Encore un carreau de cassé
Voilà le vitrier passé

Voyez un peu notre démarche,
Essayez de nous suivre au pas,
C'est notre bataillon qui marche,
Allons, ne vous essoufflez pas,
C'est le clairon qui nous entraîne,
Notre clairon, c'est notre amour.
Fi du biffin qui lent se traîne,
Trébuchant derrière un tambour.
Place aux chasseurs, la route est large,
La route qui mène au combat.
Vous les verrez pousser la charge,
Si vous ne les supprimez pas.

Visez-vous à l'économie ?
Des cinq milliards qu'on dut verser,
Nous vous offrons toute notre vie
Pour vous les faire rembourser !
Si vous tenez au drap garance
Qui coûte autant sans valoir mieux,
Notre sang versé pour la France
Rougira nos pantalons bleus.
À nous les coups de main dans l'ombre
Qu'il faut exécuter tout bas.
Notre tenue est assez sombre
Pour qu'on ne la supprime pas.

Vous avez vu nos frères d'armes
Tomber au loin pour le pays ;
Vous leur avez donné vos larmes,
Épargnez donc leurs vieux débris.
Serez-vous plus dur que la guerre ?
Ne voulez-vous pas ménager,
Aux chasseurs dormant sous la terre
Quelques chasseurs pour les venger ?
Que le canon Krupp nous décime
Il a sur nous droit de trépas
Et, s'il le peut, qu'il nous supprime
Mais vous, ne nous supprimez pas.

Vous avez vu la Grande Guerre
Faire de nous des Diables Bleus ;
Ce nom, ceux qui nous le donnèrent,
Allez, s'y connaissaient un peu.
Sur tous les fronts, Verdun, la Somme,
Plus de cent fois renouvelés
Nos bataillons comme un seul homme,
Devant la mort se sont dressés.
Chez nous pas de paroles vaines,
Les chasseurs d'Orléans sont là ;
Qu'à leur tombeau on nous enchaîne
Mais qu'on ne nous supprime pas.

Notre tenue, c'est le symbole
Du dévouement de nos aînés ;
Nous l'adorons plus qu'une idole,
Car elle est leur linceul sacré.
Pourquoi nous battre en drap moutarde ?
Les chasseurs ne meurent qu'en bleu.
Voulez-vous perdre une avant-garde
Qui fut toujours première au feu ?
Si vous respectez la mémoire
Des chasseurs qui, par leur trépas
Ont couvert la France de gloire
Vous ne la supprimerez pas.



Le chasseur de Vincennes

Le chasseur est un franc luron
Sachant l'amour, sachant la guerre
Propre à fasciner un tendron
Comme à courir dans la carrière
Toujours le premier au combat
Il sort le dernier de l'arène
Voilà le cha, voilà le cha
Voilà le chasseur de Vincennes. (bis)

Avec des ailes aux talons,
Sans grosse caisse ni musique,
C'est au son de trente clairons
Qu'il s'élance au pas gymnastique
Dieu ! Quelle allure ! Quel fracas !
Bouillante ardeur que rien n'enchaîne
Voilà le cha, voilà le cha
Voilà le chasseur de Vincennes. (bis)

La ligne est le plus court chemin
Qui d'un point conduit à la gloire,
La garde en sa solide main
Au besoin fixe la victoire,
Le canon tonne avec fracas
La charge fait trembler la plaine,
Dans un chaos bondit le cha
Bondit le chasseur de Vincennes. (bis)

À dompter les alligators
Le Mexicain peut être habile,
Serpents, bisons, jaguars, castors,
Pour lui sont une proie facile,
Mais en dépit d'ses guérillas
On sait qu'il a eu bien des peines
À se tirer des griff's du cha
Des griff's du chasseur de Vincennes. (bis)

Du sexe adorateur fervent,
Quand il fait un brin de toilette
Il courtise indistinctement
La grande dame et la grisette
Celle qu'il tiens entre ses bras
Me craint rien, sinon qu'on lui prenne
Son petit cha, son petit cha
Son petit chasseur de Vincennes. (bis)

Il est une vieille chanson
Vantant notre noir uniforme,
Mais ce n'est pas une raison
pour que toujours on s'y conforme
Entre nous, Confessons bien bas
Qu'à l'assaut des bouteilles pleines
Du noir au gris passe le cha
Passe le chasseur de Vincennes. (bis)

Amis, soyons gais compagnons
Pendant que nous trinquons ensemble
Et répétons à pleins poumons
Ce refrain sans que le sol tremble
Partout où il porte ses pas
Le chasseur a fait bien des siennes
Mais nul n'a fait le poil au cha
Le poil au chasseur de Vincennes. (bis)

Quand le chasseur a son congé
Son ambition n'a plus de bornes
De l'hymen il court le danger
Mais il ne portera pas d'cornes
Non non il ne le sera pas
Car à la guerre comme en hymen
C'est un bon cha, un bon p'tit cha
C'est un bon chasseur de Vincennes. (bis)

Mais son dernier jour est venu
Amis, pleurons un camarade,
Il est mort comme il a vécu
En son honneur buvons rasades
Et sur sa tombe on écrira
Ci-gît un cha, un bon p'tit cha
Un bon p'tit chasseur de Vincennes. (bis)



Le retour du 140e

Quand au début de la guerr'européenne
Le cent-quarant'a pris le train pour le front
On a senti, dans le cœur, beaucoup de peine
De voir partir tous ces enfants au canon.
Toutes les mères de famille
Les frèr's,les fiancées, les sœurs
Voyant ça n'était pas tranquilles
Et s'écriaient avec douleur
"Mourir pour le Drapeau"
"Certain'ment c'est très beau !"
"Mais ce qui est bien mieux"
"C'est le retour joyeux !"

Chez nous enfin le cent-quarant'arrive.
Ce sont nos fils qui se sont tant battus !
Fêtons-les en faisant sur nos rives,
Vibrer des chants éperdus !
Que les drapeaux flott'nt à chaque fenètre !
Jamais assez, nous leur dirons, merci !
Et qu'en chœur toutes nos voix répètent,
"L'cent-quarant', l'cent-quarant' est ici !..."

Et puis, jetés dans la fournais' infernale
Nos fiers soldats se sont vite distingués,
C'est à travers les obus, les min's, les balles
Qu'ils ont été jusqu'à quatre fois cités.
Ils rapportent la fourragère,
Gagnée là-bas, si vaillamment.
Mais leur retour après la guerre,
Fait plus plaisir à leur maman,
Car en dépit de çà
On ne remplacera
Ceux qui sont, pour toujours, couchés là-bas, là-bas!.

Grâc'au retour, nous verrons toutes les femmes
Qui attendaient, frère, fils ou fiancé,
Ou leur mari (en conservant dans leu âme
Une grande plac'qui ne sait jamais fermée,)
Leur fair'un accueil fantastique
De grâc'et de franche gaité !
Et nos Annales Historiques
Diront à la postérité :
"Ce jour là nos aïeux"
"Étaient tellement contents"
"Qu'ils ont eu sans l'vouloir des douzaines d'enfants!"



Marche d'Henri IV - Chant du 5e RI

Vive Henri IV !
Vive ce roi vaillant !
Vive Henri IV !
Vive ce roi vaillant !
Ce diable à quatre
À le triple talent
De boire de battre
Et d'être un vert galant.

Au diable guerres,
Rancunes et partis !
Au diable guerres,
Rancunes et partis !
Comme nos pères
Chantons en vrais amis,
Au choc des verres
Les roses et les lys.

Chantons l'antienne
Qu'on chantera dans mille ans ;
Chantons l'antienne
Qu'on chantera dans mille ans ;
Que Dieu maintienne
En paix ses descendants
Jusqu'à ce qu'on prenne
La Lune avec les dents.

Vive la France !
Vive le roi Henri !
Vive la France !
Vive le roi Henri !
Qu'à Reims[3]on danse,
En disant comme Paris :
Vive la France !
Vive le roi Henri !



Marche du 126e RI

C'est le cent vingt sixième
Le régiment fier et vaillant
Qui porte comme emblème
Sur fond d'azur un bison blanc
Des bords de la Corrèze
Il veille sur plaine et coteau
De le terre Française
Dont l'honneur flotte en son drapeau

Nos aïeux ont servi sous Turenne
Moissonné la gloire a Fontenoy
Et dans les neiges du Borysthène
Sont tombes sans connaître l'émoi
Ils n'ont jamais signé la défaite
Et quand la France capitula
C'est qu'il était mort le bel athlète
La France n'était plus là

Nos aînés ont lutté dans les Ardennes
La Meuse a teint ses flots de leur sang
Mais par une revanche soudaine
La Marne a vu l'aigle noir gisant
Dans la boue horrible des Éparges
En Artois a Verdun le trépas
A creusé de grand trous dans leurs charges
Mais les barbares ne passaient pas

Quand ils partirent en Lombardie
Du triomphe ils sonnèrent l'éveil
Et quand s'acheva la tragédie
Leurs trois couleurs claquaient au soleil
Leur victoire fut une auréole
Et son éclat d'immortalité
Fit se lever les vainqueur d'Arcole
Ils saluèrent la liberté

Contre ceux qui forgent les entraves
Devant les tyrans et le bourreaux
Nous nous dresserons libres et braves
Car nous sommes les fils des héros
Et jamais malgré leur assurance
Les hordes sauvages d'Attila
N' asserviront la terre de France
Nos bataillons seront toujours là

Avant 1920

Drapeau du Régiment aux trois couleurs de France
Labarum deux fois cher, tu portes dans tes plis
Le passé des aïeux, notre honneur, leur vaillance
Jusqu'au secret espoir dont nos cœurs sont remplis

D'autres sont festonnés des mains de la victoire
Ils comptent leurs chevrons par des succès altiers
Toi, jeune vétéran, on dirait que la gloire
A couronné ton front avec de noirs lauriers

Salut vaillant témoin de la grande retraite
À la Bérézina, sous les murs de Paris
Notre drapeau frissonne au vent de la défaite
Mais fier mutilé n'a jamais été pris

Nous jurons de te suivre au camp, à la bataille
De vivre et de mourir pour toi, notre étendard
De te donner la gloire à travers la mitraille
Lorsque les cerfs sanglants, te feront un rempart



Marche du royal soissonnais

Je veux au bout d'une campagne
Te voir déjà joli garçon
Des héros que l'on accompagne
On saisit l'air, on prend le ton
Des ennemis ainsi que des belles
On est vainqueur, et s'imitant
Et r'li et r'lan
On prend d'assaut les citadelles
Relantanplan tambour battant

Oh jeunes gens que l'honneur mène
Prenez parti dans Orléans
Not'colonel grand capitaine
Est le patron des bons vivants
Dame il fallait le voir en plaine
Où c'que l'danger était l'plus grand
Et r'li et r'lan
Lui seul en vaut une douzaine
Relantanplan tambour battant

Nos officiers dans la bataille
sont pêle-mêle avec nous tous
Il n'en est pas qui ne nous vaille
Et les premiers ils sont aux coups
Un général, fut-il un prince
Les grenadiers se mettent au rang
Et r'li et r'lan
Fond sur l'ennemi et vous le rince
Relantanplan tambour battant

Vaillant et fier sans arrogance
Et respecter ses ennemis
Brutal pour qui fait résistance
Honnête à ceux qui sont soumis
Servir le Roi, servir les dames
Voilà l'esprit du régiment
Et r'li et r'lan
Nos grenadiers sont bonnes lames
Et vont toujours tambour battant

Viens vite prendre la cocarde
Du régiment quand tu seras
Avec respect je veux qu'on t'regarde
Le prince est chef et nous sommes les bras
Par le courage on se ressemble
J'on même cœur et sentiment
Et r'li et r'lan
Droit à l'honneur j'allons ensemble
Relantanplan tambour battant



Nos pères les Gaulois - Chant du 92e RI

Nos pères les Gaulois
Ont dû en combats sanguinaires
Défendre la beauté, la liberté de notre terre
Nous jurons d'être forts et grands
Pour sauver le pays des Francs
Que les héros d'antan soient devant Dieu témoins.

Le Régiment d'Auvergne marche (bis)

Au cœur de notre France
Existe un pays de montagnes
Où l'on entend encore les échos des grandes batailles
La vie et la mort s'y côtoient encore
Quand nos armes sont sur le terrain
S'il faut, ennemis, nous referons Gergovie.

Dans la pluie, le vent, le soleil,
Nous marchons vers la gloire
Nous apporterons à nos armes l'ivresse de la victoire
Que ce chant soit une prière
Pour les soldats de notre terre
Et bientôt nos enfants chanteront dans nos rangs.



Réveillez-vous Picards

Réveillez-vous Picards,
Picards et Bourguignons.
Apprenez la manière d'avoir de bons bâtons,
Car voici le printemps et aussi la saison
Pour aller à la guerre donner des horions.

Tel parle de la guerre
Mais ne sait pas que c'est :
Je vous jure mon âme que c'est un piteux faict
Et que maint homme d'armes et gentil compagnon
Y ont perdu la vie, et robe et chaperon.

Où est ce duc d'Autriche ?
Il est en Pays-Bas
Il est en Basse Flandre avec ses Picards
Qui nuit et jour le prient qu'il les veuille mener
En la Haute Bourgogne pour la lui contester.

Quand serons en Bourgogne,
Et en Franche Comté,
Ce sera qui-qu'en-grogne le temps de festoyer
Bout'ront le roy de France, dehors de ces costaux
Et mettrons dans nos panses le vin de leurs tonneaux

Adieu, adieu, Salins,
Salins et Besançon
Et la ville de Beaulne, là où les bons vins sont
Les Picards les ont bus, les flamants les paieront
Quatre pastars la pinte ou bien battus seront.

Nous lansquenets et reîtres
Et soudards si marchons
Sans finir de connaître où nous arriverons,
Aidons Dame Fortune et destin que suivons
À prêter longue vie aux soldats Bourguignons.

Quand mourrons de malheur
La hacquebutte au poing
Que Duc nostre Seigneur digne tombeau nous doint
Et que dedans la terre où tous nous en irons
Fasse le repos guerre aux braves bourgignons

Et quand viendra le temps
Où trompes sonneront
Au dernier Alahau, quand nos tambours battront
Nous lèveront bannières aux ducque bourgignon
Pour aller à la guerre donner des horions.



Viva l'Infanterie

Ca fait ... jours que nous marchons (bis)
Gardons courage, (bis)
Nous arrivons (bis)
Dans le pays que nous aimons (bis)
Laissons les rubis rubans qui volent (bis)
Laissons les rubans voler ! (bis)

Viva, viva l'Infanterie (bis)
Viva l'Infanterie ! (bis)